Ngezayo, désormais proche du M23, tente de s’emparer de l’hôtel Cap Kivu de Musanganya à Goma, prétextant qu’il serait érigé sur la concession « Dumez », une propriété autrefois attribuée à la RVA mais aujourd’hui revendiquée par la famille Ngezayo.
Assassinat de Ngezayo : une tragédie, oui… mais teintée de nombreux mensonges, hélas !
Nous avons pris connaissance du dernier communiqué de la famille Ngezayo. Une famille meurtrie, inconsolable, qui mérite toute notre compassion. Mais dans ce communiqué, comme depuis bientôt vingt ans, persistent des dénis de vérité qu’il convient de relever. Car, aussi profonde soit la douleur, la falsification des faits peut engendrer d’autres tragédies.
S’agissant de l’assassinat de notre aîné Simba Ngezayo : si pour le patriarche Prigogine les enquêtes n’ont jamais été élucidées, il en va autrement. Grâce au professionnalisme du colonel Job de la police, l’enquête sur la mort de Simba a connu des avancées rapides. Les auteurs du crime ont été identifiés, le mobile aussi, il s’agissait d’une parcelle à Bujovu, non loin de Munigi. La justice a suivi son cours : au Rwanda, madame Médiatrice et son frère ont été condamnés, et en RDC, Sankara ainsi que d’autres auteurs ont été arrêtés et sont encore en prison à ce jour.
Certes, de nombreuses personnes innocentes ont été interpellées (plus de 150) dont certaines sont décédées en détention, à l’instar du notable Eliab, ancien chef du cadastre de Goma. Malgré ces tragédies collatérales, justice a été rendue, Dieu merci.
Si Albert Ngezayo détient une autre vérité, pourquoi ne l’a-t-il jamais déposée à l’auditorat militaire de Kinshasa ? Était-il présent à toutes les audiences ? Était-il représenté comme partie civile ? Ses avocats eux-mêmes ont salué la condamnation de madame Médiatrice par la justice rwandaise. Pourquoi remettre aujourd’hui en cause une décision qu’ils avaient validée ?
En ce qui concerne Mzee Prigogine, rappelons que l’affaire est même allée jusqu’en Belgique. Et si la justice belge (celle d’un pays où il détenait la nationalité) n’a jamais ouvert de dossier, c’est bien parce qu’il n’y avait pas de matière à poursuite. Ni le ministre Julien Paluku, ni le propriétaire de l’hôtel Cap Kivu n’ont jamais eu de litige ou de procès direct avec la famille Ngezayo. Aucun élément ne peut les lier à un mobile criminel.
Par ailleurs, l’hôtel Cap Kivu n’a jamais fait partie de la concession Dumez, que se disputaient jadis la RVA et la famille Ngezayo. Aujourd’hui, cette concession est légalement attribuée à la RVA, et plusieurs familles y vivent paisiblement. Sont-elles toutes complices d’un assassinat vieux de 17 ans ?
Si la justice congolaise est corrompue, que dire alors de celle de la Belgique, qui n’a rien retenu dans ce dossier ?
« Nous pardonnons à tous. Mon mari était innocent, tout le monde le savait. Il a payé le prix du conflit autour de l’hôtel Karibu. Mais, en tant que chrétienne, moi et mes enfants refusons de nous inscrire dans un cycle de vengeance qui ne fera qu’endeuiller davantage. Nous avons choisi de pardonner et d’oublier. »
Aujourd’hui, Mzee est de retour à Goma, sous la protection des nouveaux maîtres de la ville. Il bénéficie d’un rapport de force en sa faveur, et malheureusement, il semble vouloir s’en servir pour régler des comptes… à tort, contre de simples innocents.
Je voudrais conclure en reprenant les mots de la veuve d’Eliab, mort injustement en prison dans le dossier de Simba, bien qu’il fût totalement innocent :
Paix aux âmes de tous ceux qui sont morts dans cette saga sans fin.
Mbaje Innocent, fils de Goma