RDC: Fatshi City : un projet au-delà du fantasme


La République démocratique du Congo s’apprête à franchir un cap urbanistique avec l’annonce du projet « Fatshi City »,  une nouvelle ville aux marges de Kinshasa, portée par un investissement privé d’envergure. Le montant évoqué (10 milliards de dollars) et les acteurs impliqués témoignent d’une ambition gigantesque si elle est confirmée.
Selon les promoteurs, ce projet serait piloté par Roper Fund LLC, dirigé par Olivier Abrahamson Lokolomba (New York), plaçant cette initiative à l’intersection entre diplomatie, attractivité des capitaux et renouveau urbain. Ils se targuent également d’un palmarès international : un accord de 14 milliards de dollars au Gabon dans les secteurs des infrastructures, mines et énergie serait la preuve de leur capacité à mobiliser des ressources de grande ampleur.


Le projet Fatshi City est en discussion depuis plusieurs années. Le gouvernement congolais et des partenaires belges (société « Kinko ») avaient déjà présenté des plans de relocalisation du camp militaire Kokolo, en tant que site d’extension urbaine.


En 2022, le ministère de l’Aménagement du territoire a accueilli cette vision, avec des réunions interministérielles pour harmoniser les visions autour du projet.
BITEC Consulting et ses partenaires avaient annoncé qu’un financement intégral était en cours de structuration, avec des garanties collatérales et des plans de délocalisation de milliers de familles.


L’ampleur des sommes avancées impose une transparence totale sur les partenaires, les garanties, les échéances, et les retours sur investissement attendus. Le projet devra convaincre non seulement les bailleurs, mais aussi la population.


Les annonces mentionnent la relocalisation de 21 000 familles afin de dégager les terrains nécessaires. Toute promesse de dédommagement doit être juridiquement sécurisée.
Un investissement privé de cette ampleur soulève des questions sur le degré d’ingérence étrangère. Le rôle de l’État congolais (via SODEPI ou autre entité) doit être clairement défini.La promesse d’emplois, d’infrastructures modernes et d’un cadre de vie amélioré est séduisante. Mais le défi d’un urbanisme inclusif, écologique et viable demeure.
Le projet « Fatshi City » incarne une stratégie politico-économique audacieuse, qui pourrait renforcer la diplomatie congolo-américaine si elle se concrétise. Il correspond à une ambition de reconfiguration urbaine majeure à Kinshasa, mais il doit éviter l’écueil des avions de papier.
La communication autour du projet ses montants extravagants, ses promoteurs établis à l’étranger, les promesses d’emplois massifs — agit souvent à la limite de la propagande. Avant de s’emballer, il est essentiel de distinguer ce qui relève du plan concret de ce qui relève du discours stratégique. Si « Fatshi City » se réalise selon les normes annoncées, elle pourrait devenir un modèle de développement urbain en Afrique. Mais sans rigueur, transparence, implication citoyenne et contrôle souverain, elle pourrait devenir un fardeau, voire un mirage.


Victor Muhindo

Nord-Kivu – Goma : La REGIDESO rassure sur la stabilité de la desserte en eau pour le mois d’octobre


La société nationale de distribution d’eau potable, REGIDESO, a adressé ce mercredi 1er octobre un message de confiance et de gratitude à la population de Goma et des environs, saluant la collaboration continue avec les usagers, tout en réaffirmant son engagement à maintenir une desserte stable et de qualité.

« Hier et aujourd’hui, la REGIDESO demeure votre partenaire comme toujours. Grâce à notre collaboration précieuse, le rétablissement de l’eau est désormais une réalité. Pour ce mois d’octobre, nous nous engageons à maintenir des services de qualité, pour le bien-être de tous. Ensemble, continuons à bâtir un avenir serein et prospère », indique le message officiel signé par la direction provinciale.

Cette communication intervient dans un contexte où plusieurs quartiers de Goma, longtemps affectés par des coupures récurrentes, constatent une nette amélioration dans l’approvisionnement en eau. Des travaux de maintenance, de réhabilitation de canalisations, ainsi que des efforts coordonnés avec les autorités locales ont permis ce redressement.
La REGIDESO invite par ailleurs les habitants à faire preuve de civisme dans la gestion des ressources en eau, à signaler toute fuite ou sabotage, et à préserver les installations publiques.

Ce début de mois marque donc une étape d’espoir et de stabilité dans les zones sous contrôle de l’AFC-M23, où les services de base retrouvent progressivement leur fonctionnalité normale.

Victor Muhindo

Goma : Corneille Nangaa aux cadres de l’AFC-M23 – « Nous ne sommes que des ouvriers, des serviteurs de cette population »

La ville de Goma a accueilli, du 25 au 27 septembre 2025, un séminaire stratégique de renforcement des capacités à l’intention des cadres de l’administration publique et territoriale opérant dans les zones sous contrôle de l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23). Cette initiative a été présentée comme une étape clé dans la mise en place d’une gouvernance alternative dans l’Est de la RDC.

Clôturant les travaux ce samedi, le coordonnateur politique de l’AFC-M23, Corneille Nangaa, a délivré un message fort en appelant à la discipline, à la rigueur et à l’éthique révolutionnaire. Il a rappelé que les cadres ne sont pas des détenteurs de privilèges, mais avant tout « des ouvriers, des serviteurs de cette population ».

Pour Nangaa, aucune révolution ne peut s’ancrer durablement sans une gouvernance basée sur une vision claire, une discipline collective et une redevabilité constante. À ces trois piliers, il ajoute la transparence, en particulier dans la gestion des ressources et les relations avec les communautés locales.
« La lutte militaire n’a de sens que si elle est accompagnée par une gestion responsable des ressources et des populations », a-t-il insisté.

Dans un contexte marqué par des pressions internes et externes, il a exhorté les cadres à l’unité, estimant que la cohésion interne constitue un rempart face aux manipulations politiques et diplomatiques. Cette cohérence, selon lui, doit s’exprimer dans tous les secteurs : finances publiques, sécurité, jeunesse, santé et éducation.

Au terme de ce séminaire, les participants sont appelés à incarner un nouveau style de gestion publique dans les zones dites « libérées » par l’AFC-M23. L’accent a été mis sur la proximité avec les populations, la rigueur dans l’exécution des missions d’État et le rejet de toute forme d’abus ou de corruption.

Une photo de famille a symboliquement clôturé ces assises, marquant l’engagement des participants à mettre en pratique les enseignements reçus et à concrétiser la vision d’une administration centrée sur le citoyen.

Ce séminaire intervient alors que l’AFC-M23 cherche à démontrer sa capacité à instaurer une gouvernance alternative, dans un contexte où la méfiance vis-à-vis de Kinshasa reste vive dans plusieurs territoires de l’Est du pays.

Victor Muhindo

Goma : des produits périmés saisis et incinérés par la mairie pour protéger la santé publique


La mairie de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a procédé ce samedi 27 septembre 2025 à la destruction publique d’une importante cargaison de produits de consommation périmés, saisis dans différents marchés et points de vente de la ville.


Présentant ces produits devant la presse locale, le maire de Goma, Julien Katembo, a dénoncé la circulation persistante sur le marché d’aliments et de médicaments dont la date de péremption était largement dépassée, exposant ainsi les consommateurs à de graves risques pour leur santé.


Parmi les marchandises saisies figuraient notamment du riz, des jus, des boissons alcoolisées, des produits laitiers, diverses denrées alimentaires, ainsi que des médicaments expirés retrouvés dans certaines officines non autorisées. Tous ces articles ont été incinérés dans l’enceinte de la mairie, en présence des services d’hygiène et des représentants des médias.


« Nous ne pouvons pas tolérer que des individus continuent de mettre en péril la santé publique en écoulant des produits dangereux. Nous appelons tous les commerçants à la responsabilité », a déclaré le maire Julien Katembo, insistant sur la nécessité de renforcer le contrôle de la chaîne de distribution alimentaire et pharmaceutique.


Selon les autorités municipales, plusieurs personnes impliquées dans la vente de ces produits prohibés ont été interpellées et feront l’objet de poursuites conformément à la loi. La mairie annonce par ailleurs un renforcement des inspections dans les quartiers et marchés, en collaboration avec les services de santé et de sécurité.


Le maire a invité la population à signaler toute présence suspecte de produits douteux dans leurs quartiers et à vérifier systématiquement les dates de péremption avant tout achat. Il a également appelé à une prise de conscience collective afin de garantir un environnement commercial sain et sécurisé.


Cette opération s’inscrit dans la volonté de préserver la santé publique, à un moment où la ville de Goma s’efforce de se relever des multiples crises sécuritaires et économiques qui l’ont frappée.


Victor Muhindo

RDC : La Haute Cour militaire rouvre les débats dans le procès de Joseph Kabila pour trahison et complicité avec l’AFC/M23


Coup de théâtre judiciaire à Kinshasa. Alors que le verdict était attendu ce vendredi dans le procès opposant le ministère public à l’ancien président Joseph Kabila, la Haute Cour militaire a ordonné la réouverture des débats, donnant suite à une requête de la partie civile.


Poursuivi par contumace pour des faits jugés extrêmement graves (notamment trahison, participation à un mouvement insurrectionnel et crimes contre l’humanité) Joseph Kabila est accusé d’avoir entretenu des liens étroits avec le mouvement armé AFC/M23, soutenu par le Rwanda. Ce groupe demeure aujourd’hui l’un des principaux foyers d’instabilité dans l’Est de la RDC.


La partie civile, représentée par Me Richard Bondo, a sollicité l’audition de trois témoins clés. Selon lui, leurs témoignages viendront démontrer le rôle central de Kabila dans le financement de l’AFC/M23 et du RDF (Forces de défense rwandaises), grâce à des circuits bancaires précis. Elle entend également prouver que l’ancien président n’était pas éligible à diriger la RDC, alléguant qu’il détenait une nationalité étrangère.


Ce rebondissement relance une affaire hautement sensible et politiquement explosive. Le dossier Kabila, jusque-là entouré d’un épais silence institutionnel, pourrait désormais s’étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, si la Cour juge nécessaire une instruction complémentaire.


Dans un contexte marqué par de fortes tensions régionales, la persistance des rébellions à l’Est et une méfiance grandissante envers les institutions, cette affaire pourrait non seulement redéfinir le rôle de la justice congolaise, mais aussi raviver les divisions politiques internes.
La défense, absente en raison du jugement par contumace, n’a pas encore réagi. Quant à l’opinion publique, elle suit de près ce procès historique, perçu par certains comme une avancée vers la redevabilité des anciens dirigeants, et par d’autres comme un règlement de comptes politique.


Victor Muhindo

Goma sous administration AFC-M23 : Interdiction stricte du port d’habits de type militaire pour des raisons de sécurité

Le Maire de la ville de Goma, Julien Katembo Ndalieni, a annoncé ce samedi 6 septembre 2025, l’interdiction formelle de la vente et du port de vêtements similaires aux tenues militaires, une mesure prise dans un contexte marqué par des cas récurrents d’insécurité dans la capitale provinciale du Nord-Kivu.


Devant la presse, l’autorité urbaine a expliqué que cette décision vise à empêcher toute confusion entre les véritables forces de sécurité et les criminels qui profitent de ces accoutrements pour semer le trouble.

« Les bandits utilisent cette tenue et la population pense que ce sont nos militaires », a déclaré Julien Katembo, évoquant déjà entre six à huit cas d’individus appréhendés en flagrant délit.


Les vêtements concernés sont entre autres : chemises, pantalons, tricots, chapeaux et souliers ressemblant à des effets militaires. Ces éléments sont désormais bannis dans toute l’étendue de la ville sous contrôle de l’AFC-M23.
Un délai d’une semaine a été accordé aux commerçants pour écouler ces marchandises, mais uniquement en dehors du territoire contrôlé par l’AFC-M23.

« Nous leur avons demandé d’envoyer ces habits ailleurs dans le délai imparti », a précisé le maire.


Malgré quelques poches d’insécurité persistantes, Goma connaît actuellement une accalmie relative, marquée par la quasi-disparition des incursions nocturnes et la baisse notable des assassinats ciblés. Cette mesure vise donc à consolider cette stabilité fragile.

Victor Muhindo

Minembwe sous tension : Maître Moïse Nyarugabo dénonce des attaques ciblées contre les Banyamulenge

Dans une déclaration faite ce mardi, Maître Moïse Nyarugabo, notable et défenseur de la communauté Banyamulenge, a dénoncé avec vigueur les attaques armées répétées visant Minembwe, une région du Sud-Kivu majoritairement habitée par les Banyamulenge. Il accuse directement les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), pourtant chargées d’assurer la sécurité des citoyens, de cibler délibérément les membres de cette communauté.

« Au lieu de protéger les Banyamulenge comme tous les autres Congolais, les FARDC, avec leurs alliés dont les Wazalendu et l’armée burundaise, les prennent pour cibles, notamment à travers l’utilisation de drones kamikazes dans la région », a déclaré Maître Nyarugabo.

Selon lui, ces attaques ne sont ni isolées ni accidentelles, mais s’inscrivent dans un schéma de persécution qui perdure depuis plusieurs années.

Il estime que ces opérations militaires aggravent une situation humanitaire déjà critique dans les Hauts-Plateaux et risquent d’accentuer la méfiance et l’exclusion ressenties par la communauté Banyamulenge.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par l’intensification des tensions à Minembwe et ses environs, où de nombreux rapports signalent des violences entre groupes armés ainsi que des déplacements massifs de civils.

Maître Nyarugabo appelle les autorités congolaises et la communauté internationale à diligenter une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et de mettre un terme à ce qu’il qualifie de « ciblage ethnique par des forces régulières ».

Il plaide enfin pour l’ouverture d’un dialogue inclusif et pour la recherche d’une paix durable dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, où la coexistence entre communautés demeure de plus en plus fragilisée.

Victor Muhindo

Goma : le maire et son adjoint prêchent par l’exemple lors du Salongo

Goma, samedi matin, les rues de la ville ont vibré au rythme des travaux communautaires, communément appelés Salongo. Une fois de plus, les autorités urbaines ont choisi de montrer l’exemple : le maire de Goma, Julien Katembo Ndalieni, et son adjoint, Désiré Ngabo Kisuba, ont pris part personnellement à ces travaux, balais et houes en main.

Loin de se limiter à une simple supervision, les deux responsables municipaux se sont activement impliqués, participant avec détermination aux activités de nettoyage aux côtés des habitants. Une présence à la fois symbolique et concrète, envoyant un message fort : celui d’un leadership par l’exemple.

Accompagnés de leurs équipes techniques, ils ont sillonné plusieurs artères de la ville, sensibilisant la population à l’importance de l’hygiène, de l’assainissement et de la responsabilité collective dans la préservation de l’environnement urbain.

« Nous ne pouvons pas demander à la population de faire ce que nous ne faisons pas nous-mêmes. Goma doit rester propre, et cela commence par l’engagement de chacun », a déclaré le maire adjoint, visiblement très impliqué.

Une action saluée par les citoyens, qui renforce l’image d’une administration municipale proche du peuple et déterminée à améliorer le cadre de vie des Gomatraciens.



Victor Muhindo

Deuxième anniversaire du Carnage de Ndosho: l’AFC-M23 commémore avec les fidèles de l’Église La Foi Naturelle Judaïque Messianique vers les Nations

Une cérémonie de commémoration émouvante s’est tenue ce samedi à Goma, marquant le deuxième anniversaire du drame de Ndosho impliquant l’Église La Foi Naturelle Judaïque Messianique vers les Nations (FNJMN).

Pour la première fois, les autorités politico-militaires de l’AFC-M23, qui contrôlent actuellement la ville, ont pris part officiellement à cet événement. La délégation était conduite par le porte-parole politique du mouvement, Lawrence Kanyuka, accompagné du maire de Goma, Julien Katembo Ndalieni. Ensemble, ils ont partagé ce moment de recueillement aux côtés des fidèles de cette église, dite des Wazalendo, après deux années de silence et de retrait.

Cette commémoration visait non seulement à rendre hommage aux victimes du carnage de 2023, mais également à lancer un appel à la paix, au pardon et à la cohésion sociale dans une ville profondément marquée par des années de crise.

« Ce geste de solidarité de la part des autorités traduit une volonté d’ouverture et de compassion envers tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions religieuses », a confié un fidèle présent à la cérémonie.

L’événement s’est déroulé dans le calme, sous le regard attentif d’une population nombreuse, venue marquer cette date douloureuse tout en exprimant l’espoir d’une justice véritable et d’une paix durable.

Victor Muhindo

Goma : La mairie déclare la guerre aux marchés pirates installés le long des artères principales


La mairie de Goma intensifie sa campagne d’assainissement urbain en s’attaquant aux marchés pirates installés anarchiquement le long des grandes artères de la ville. Dans une déclaration faite ce week-end, le maire adjoint Désiré Ngabo Kisuba a annoncé l’interdiction formelle de toute activité commerciale sur les chaussées et trottoirs, appelant les vendeurs à regagner les marchés officiels.


Selon lui, la prolifération des étalages sur les routes principales expose les commerçants et les passants à de graves risques d’accidents. « Il est inacceptable de vendre sur la chaussée alors que les marchés, notamment celui de Kahembe, sont à moitié vides. Il y a de la place pour tout le monde dans les espaces prévus à cet effet », a-t-il insisté.


La mairie déplore le fait que malgré les campagnes de sensibilisation, de nombreux vendeurs préfèrent occuper les abords des routes, obstruant ainsi la circulation et nuisant à l’esthétique de la ville.


Des mesures de répression sont prévues pour ceux qui refuseraient de se conformer à cette décision. Des descentes sont d’ores et déjà programmées pour libérer les espaces publics.
Par cette action, l’administration municipale veut restaurer l’ordre urbain, garantir la sécurité des citoyens et redonner à Goma une image digne d’une ville moderne et bien organisée.


Victor Muhindo

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